Artiste visuelle émergente autodidacte, Mirov crée des œuvres hybrides entre collage et peinture en aérosol, texturées au passage par divers autres médiums avec lesquels elle expérimente – que ce soit sous forme de tableaux grand format ou de collages de rue qui arborent les murs de la métropole. C’est dans la même esthétique de mashup numériquement rythmé et vibrant de couleurs hyper-saturées que l’artiste crée également ses installations multimédias immersives.

Justement, l’aspect immersif des œuvres de Mirov constitue un rôle fondamental tant dans son processus de création que dans l’expérience ultime qu’elle souhaite procurer au public à travers ses créations. S’inspirant grandement du pouvoir envoutant sonore et lyrique de la musique et de l’impact de cette dernière sur son imaginaire, Mirov souhaite que chacune de ses créations agisse tel un véritable instantané ; un cadre figé dans le temps tout droit tiré d’un vidéo clip à l’univers surréaliste dans lequel l’artiste invite le public à se transporter. Chaque élément du collage recèle une symbolique importante dans l’histoire racontée par l’œuvre ; des roses en comètes s’abattant sur des astronautes boxeurs, jusqu’aux aigles mauves planant au-dessus d’une gigantesque chaine dorée à l’horloge défigurée...

Malgré l’atmosphère post-Internet que dégagent les images constituant les collages de Mirov, qu’elle modifie, multiplie et amplifie digitalement, l’artiste garde un aspect nostalgique dans le choix des méthodes et des supports qu’elle utilise, comme les écrans cathodiques dans ses installations multimédias. De plus, quand vient le temps de composer ses collages, Mirov privilégie un procédé conventionnel d’impression d’images, de découpage aux ciseaux et de superposition des images ; ce qui lui permet de construire petit à petit un ensemble imposant ; le voyant prendre vie au fur et à mesure que les couches d’images et de sens se stratifient.

Mais au-delà de l’esthétique et des techniques utilisées dans ses tableaux, le choix de Mirov de mettre en valeur cette dichotomie du lo-fi et du high-fi est représentative du défi auquel fait face sa génération et en réponse auquel l’artiste conçoit ses œuvres : malgré un monde de plus en plus imbibé par les technologies de l’information et des communications, il nous est néanmoins souvent plus difficile de se sentir connecté à soi-même et aux autres.

Étant profondément fascinée par la relation que l’on cultive avec soi-même et son impact sur notre expérience psychologique individuelle, le personnage apparait constamment au centre des œuvres de Mirov. Bien qu’il soit toujours entouré d’éléments qui contextualisent le message véhiculé par l’œuvre, c’est à travers les yeux du personnage que l’artiste souhaite que les spectateurs puissent s’interroger et peut-être se reconnaitre.

En effet, peu importe l’œuvre, Mirov garde toujours la même intention : pousser plus loin le questionnement des gens envers leur propre nature, leur perception de soi, leur dialogue intérieur et les limitations que l’on s’attribue. Pour Mirov, la rue, en tant que lieu de diffusion, crée un contexte invitant une lecture spontanée de l’œuvre et facilite ainsi ce genre de réflexion introspective chez le public. Son nom d’artiste signifiant « humain » en kurde, Mirov concentre concordamment son art autour de l’expérience humaine.

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